lunes, 4 de junio de 2007

Tecolote

Je dois parfois ressembler à un tecolote qui a l'air observateur, ahuri ou surpris, selon les circonstances, avec ses yeux écarquillés (je tiens à préciser tout de suite à ceux qui sont coutumiers de mes imitations animalières que le hibou ne fait pas encore partie de mon répertoire. Par contre, je maîtrise le cri du coyote).
Il faut dire que je continue sans cesse à découvrir des lieux, des habitudes mexicaines,... pour le moins surprenants.

Comme ces manifestants sur le Paseo de la Reforma, un des axes principaux de Mexico, qui défilent dévêtus avec en guise de pagne une photo des anciens gouverneurs de l'état de Veracruz mis en cause dans des affaires de corruption. Enfin je crois, parce que le pesero roulait à vive allure et la taille des caractères sur les photos ne m'a pas permis de rentrer dans le détail des motifs de mécontentement.
Il y en a d'autres qui devaient vraiment être fâchés très forts : 18 000 Mexicains ont répondu présents à l'appel du photographe Spencer Tunick et ont posé nus sur le Zócalo, la place principale de Mexico, le dimanche 6 mai à 4h30 du matin. Je vous laisse juger du résultat par vous-même.





Cela dit, ce serait faux de croire que les Mexicains passent leur temps dans leur plus simple appareil : ils ont tendance à être assez pudiques. Et puis il y a d'autres choses intéressantes à observer.

Dans le centre historique par exemple. Derrière les facades imposantes des immeubles se cachent des lieux que l'on ne soupconnerait pas. Le Dada X, un bar à tendance gothique, est niché au 4è étage d'un monument classé bâtiment historique qui comporte un très beau patio. On y a gagné un collier à piques du plus bel effet, et les mixages du DJ de Barcelone qui se produisait ce soir-là faisaient vibrer l'édifice sur ses fondations. Très rassurant dans une zone déjà connue pour être fragilisée par les séismes fréquents...

A deux rues de ce bar se trouve mon cours de nahuatl. La première fois que j'y suis allée, j'ai cru que Jeremy m'avait donné une adresse erronée. Palma 20, c'est d'abord une petite boutique qui vend des boissons et des en-cas. Mais au fond du magasin, un escalier permet d'accéder aux étages de l'immeuble. Au fil des étages, on passe devant des boutiques qui vendent et achètent de l'or, des cabinets de dentiste qui ne disent rien qui vaille. Et tout en haut se trouve une petite salle, derrière un atelier d'artisanat de peau. Loin au-dessus de l'agitation du centre, une bonne dizaine d'élèves viennent tous les samedis après-midi suivre les cours de Xolotl, dont la langue maternelle est le nahuatl, pour tenter de comprendre une culture très différente de celle que les colons ont voulu imposer. Hier, j'ai passé un bon bout de temps à discuter avec Leonardo qui vend des tacos le lundi et le mercredi sur les marchés et consacre le reste de sa semaine à des groupes de spiritualité ou de transmission de traditions.
Je vous donne un exemple de texte que l'on a étudié le mois dernier. Il s'agit d'une prière en forme de salut au soleil levant.

Oquizaco in tonatiuh Le soleil s'est levé, celui qui produit la chaleur
In totonamitl in xiuhpiltontli Le rayon de lumière, l'enfant ravissant,
In xiuhtecuhtli in cuauhtlehuanitl Le maître du feu, l'aigle qui prend son envol
Auh quen onohtocaz Et comment suivra-t-il son chemin
Quen cemilhuitiz Comment fera-t-il le jour
Cuix itla ipan mochihuaz Peut-être quelque chose arrivera-t-il
In iahtlapal in icuitlapil A son peuple
Mah ximotequitli Daigne faire ton noble office
Mah ximotlacohtili Daigne faire ton grand travail
Totecuhyoé, totecuhyoé Ô notre seigneur, Ô notre seigneur


Il n'y a pas qu'à Mexico que je garde les yeux grand ouverts. A Guadalajara, la fresque murale de 400m2 d'Orozco qui représente Miguel Hidalgo, un artisan de l'indépendance du Mexique, est absolument saisissante (mon appareil photo a refusé de rendre le rouge qui domine en réalité). Elle se situe dans l'escalier principal du Palacio de Gobernación, l'équivalent de notre conseil régional.



Cela dit, lorsque l'on va a Guadalajara, on ne fait pas travailler que ses mirettes, mais également ses papilles : à 50km se trouve le village de Tequila (v.photo à gauche), d'où est originaire le breuvage du même nom. Donc Marie-Noëlle, son frère Guillaume et moi n'avons pas coupé à la tradition éthylique et sommes allés visiter une distillerie de tequila. Nous l'avons goûtée à toutes les étapes de sa fabrication : le coeur de l'agave bleu avant et après cuisson, le résultat de chacune des deux distillations, et on a fini à la cave au milieu des tonneaux avant de se remettre de nos émotions en buvant une margarita bien rafraîchissante. Je vous laisse admirer les photos des champs d'agave bleue avec le volcan de Tequila au fond, un tas de coeurs d'agave prêts à passer au four et mes compagnons de dégustation.































A la rigueur, pas besoin d'aller jusqu'à Guadalajara pour respirer un grand bol d'air : le we dernier, 24h à Cuernavaca ont suffi à faire une coupure salvatrice avant de reprendre une semaine de boulot (une autre...).
Emmanuelle m'a emmenée à la Maga, un bar du centre de Cuernavaca où l'on a dégusté de délicieux mojitos et des piña colada non moins fameuses (tout en ruminant nos déboires sentimentaux). On a écouté un concert de musique africaine avec chants, danses et percussions, un cocktail qui donne bien la pêche!!!



Et le lendemain, nous avons fait une belle ballade en forêt de presque trois heures à cheval. Ceux d'entre vous qui connaissent mon amour pour les animaux s'étonneront peut-être de cet acte de bravoure... En fait la collègue d'Emmanuelle qui nous a emmenées a bien veillé à ce que nous ayons des chevaux flegmatiques. Ma jument qui s'appelait Camila était grande, douce, belle et intelligente (et elle n'avait pas les sabots qui enflaient). Bref, Emmanuelle sur Muñeco et moi-même sur ma jument éponyme avions très fière allure. Par contre, on ne s'est pas risquées à partir au galop comme le reste de l'équipée...
J'ai passé le reste de l'après-midi à comater dans le hamac. Et je ne vous donne pas les détails des deux jours suivants sous anti-douleur avec les jambes et le dos paralysés, un hématome mal placé et un beau coup de soleil dans la nuque. Mais le jeu en valait la chandelle : je suis presque réconciliée avec les chevaux et Emmanuelle va peut-être réitérer l'expérience.


















Et la semaine s'est bien terminée : j'ai enfin obtenu mon permis de sortie du territoire (mon visa de travail est périmé et les services d'immigration ne voulaient pas me remettre l'autorisation de sortie parce que ma signature dans le dossier est selon eux différente de celle de mon passeport...). Je serai donc à Paris du 9 au 20 juin. J'ai hâte de vous voir!!!

12 comentarios:

Delphine dijo...

Camille gothique, je l'ai toujours su!
Tu portes très bien le collier de molosse tu sais!
Bisous
Delphine

Caro et Charles dijo...

coucou!
ah cette photo au collier... tu m'as preque fait peur!
merci pour les photos et la narration de tes aventures, ça fait plaisir de te voir en image avant de te retrouver en vrai la semaine prochaine!!
bises
caro

Emmanuelle dijo...

Moi j'te trouve vachement bien sur la photo....bon le collier à clou c'est un peu too much mais la coupe déglinguée te va bien!

Camexico dijo...

Coucou les filles,
Je vais essayer de revenir sans le collier à clou pour ne pas faire peur à mes parents. Et la coupe, Manu, c'est un peu ce à quoi ca ressemble le matin. Sauf que la photo a été prise le soir...

Raphaëlle dijo...

Alors moi j'aimerais bien en savoir un peu plus sur "tes déboires sentimentaux": j'imagine qu'il ne s'agissait pas de ceux de Camila la jument... et juste en dessous, tu parles de persussions, ça ne manque pas de sel ;)!

Caro et Charles dijo...

comprenons-nous bien, quand je disais que tu m'avais presque fait peur, je ne parlais pas de la tête que tu faisais ! parce qu'effectivement tu es très jolie avec ton collier, ton maquillage et ta coupe en pétard... à tel point que je me suis demandé si ce n'était pas réellement ton nouveau look, d'où la peur :)

Camexico dijo...

1. Raph, je n'ai pas compris ta remarque pleine d'esprit (mal tourné, je suppose?), mais tu vas bientôt pouvoir m'expliquer tout ca en direct (ce n'est peut-être pas la peine d'en rajouter sur le blog. Je n'y ai déjà pas accès au boulot parce que le filtre me dit "Messages clubs & boards are filtered", je n'ai pas envie de le voir bloqué au titre de "sex & drugs")
2. Caro, je te confirme que je suis très belle, avec ou sans collier:=)

Caro et Charles dijo...

alors la Mexicaine à clous, bien rentrée a casa?? ça m'a fait bien plaisir de te voir. j'espère qu'il y aura d'autres formations surprise dans les mois à venir!
bisous
caro

Camexico dijo...

Ben ca va pas mal, j'ai retrouvé ma coloc, ma maison et mon bureau. Je suis complètement décalée et je n'ai pas eu le tps de dire ouf en atterrissant. Mais je vais essayer de mettre des nouvaux posts très bientôt!
Bisous

Anónimo dijo...

dis donc j'ai beau vivre avec toi, je decouvre la face cachee de la lune !!!! en tous cas je confirme que ca te va tres bien tout ca.

Raphaëlle dijo...

Dis donc, on attend la suite des aventures mexicaines au soleil de Mexico pour paraphraser Luis Mariano.

Camexico dijo...

Voilà voilà, c'est chose faite. Merci de m'avoir rappelée à l'ordre, j'oubliais doucement mes devoirs de bonne blogueuse