jueves, 2 de agosto de 2007

Homo Faber

Pour changer des photos, je vous propose cette fois-ci une description littéraire du Mexique. Il s’agit d’un extrait de Homo Faber de Max Frisch, auteur suisse (1911-1991).

Faber est ingénieur au service de l’Unesco. Il a une vision très rationnelle du monde. Il pense également se connaître parfaitement. Au cours de son voyage, il va découvrir peu à peu que la vérité n’est pas que dans la raison et la science.

Au début de l’ouvrage, l’avion à bord duquel il voyage tombe en panne alors qu’il survole l’état du Tamaulipas, au nord-est du Mexique. Les passagers restent 4 jours et 3 nuits dans le désert en attendant les secours. Dans l’extrait ci-dessous, le narrateur Faber décrit le désert à sa manière.
[La traduction est de mon cru, ce qui peut expliquer la piètre qualité du texte ci-dessous. Cependant, le livre est excellent, donc n’hésitez pas à vous plonger dedans. Pour ceux qui voudraient lire l’extrait en VO (allemande), je le tiens à votre disposition].

« Je me suis souvent demandé ce que les gens entendent vraiment par le terme d’événement vécu. Je suis technicien et j’ai l’habitude de voir les choses telles qu’elles sont. Je vois tout ce dont ils parlent très clairement ; je ne suis pas aveugle. Je vois la lune au-dessus du désert du Tamaulipas – plus claire que jamais, c’est possible, mais c’est une masse évaluable, qui tourne autour de notre planète, un phénomène de gravitation, intéressant, mais en quoi est-ce un événement ? Je vois les rochers déchiquetés, noirs sous le clair de lune ; ils ressemblent, c’est possible, au dos dentelé des animaux préhistoriques, mais je sais que ce sont des rochers, de la pierre, probablement volcanique ; il faudrait aller voir cela et le vérifier. Pourquoi dois-je avoir peur ? Il n’y a plus d’animaux préhistoriques. Pourquoi devrais-je me les imaginer ? Je ne vois pas non plus d’anges pétrifiés, j’en suis désolé ; pas non plus de démons, je vois ce que je vois : les formes normales de l’érosion, en plus de mon ombre étirée sur le sable, mais pas de fantôme. Pourquoi devenir peureux? Je ne vois pas non plus de déluge, mais du sable éclairé par la lune, et comme l’eau, ondulé par le vent, ce qui ne me surprend pas ; je ne trouve pas ça fantastique mais simplement explicable.

Je ne sais pas à quoi ressemblent les âmes damnées ; peut-être à des agaves noires dans le désert nocturne. Ce que je vois, ce sont des agaves, une plante qui fleurit une seule fois puis se flétrit. En outre, je sais (même si en ce moment, ça n’en a pas l’air) que je ne suis ni le premier, ni le dernier homme sur terre ; et je ne peux pas me laisser ébranler par la seule idée que je suis le dernier homme parce que ce n’est pas vrai. Pourquoi devenir hystérique ? Les montagnes sont des montagnes, même si, c’est possible, sous un certain éclairage, elles ressemblent à n’importe quelle autre chose, mais c’est la Sierra Madre Oriental, et nous ne nous trouvons pas dans un royaume des morts, mais dans le désert du Tamaulipas, au Mexique, à 60 miles de la route la plus proche, ce qui est regrettable, mais en quoi est-ce un événement ? Un avion est pour moi un avion, je ne vois pas un oiseau mort, mais une super constellation avec un moteur défectueux, rien de plus, et la lune peut l’éclairer comme elle veut. Pourquoi dois-je me laisser impressionner par ce qui n’est pas ? Je ne peux pas non plus me résoudre à entendre quelque chose comme l’éternité ; je n’entends rien du tout, si ce n’est le ruissellement du sable après chaque pas. Je grelotte mais je sais que dans sept à huit heures, le soleil revient. Comment ca, la fin du monde ? Je ne peux pas m’imaginer des absurdités dans le seul but de vivre quelque chose. Je vois l’horizon de sable blanchâtre dans la nuit verte, approximativement à 20 miles d’ici, et je ne conçois pas pourquoi commencerait l’au-delà en direction de Tampico. Je connais Tampico. Je me refuse à avoir peur par la seule imagination, ou encore à devenir fanatique par simple peur, et par là même mystique. »

4 comentarios:

Anónimo dijo...

Euh... comment dire Cam... dois je me préoccuper ?
trés beau certe, mais quand meme un peu too much je trouve...

Camexico dijo...

bah quoi, ca ne ressemble pas à ca le désert, peut-être? Des anges pétrifiés, ca court les dunes, non?

Caro et Charles dijo...

coucou!
hé dis donc, t'as pas honte d'aller pousser le ptit isma à écrire sur son blog alors que toi même fais de la rétention d'information ?? ;)
On veut aussi des news du Mexique!!!

Gros bisous,

Caro, de retour de vacances

Camexico dijo...

Euh voui, très bientôt je mets des nouvelles sur le blog. Mais entre les visites de France, les we à Oaxaca, le rafting à Veracruz, je n'ai pas eu bcp de tps...
Aux dernières nouvelles, je me débats contre les 50 piqûres d'insecte que j'ai attrapées le we dernier...