martes, 24 de julio de 2007

Le jeu sanglant des 7 familles

7 cartels dirigés par autant de familles assurent la quasi-totalité du trafic de drogue sur le territoire mexicain.
Cela représente un chiffre d'affaires de 8 à 25 milliards de dollars annuels (de 1% à 3% du PIB mexicain) et le contrôle de 90% des routes d'accès de la drogue aux Etats-Unis. Autrement dit, le Mexique est n°1 en la matière sur le continent américain. La Colombie est reléguée loin derrière, depuis la chute de ses grands cartels à la fin des années 1990.

Mais le bilan des réglements de compte entre les cartels du Golfe, Sinaloa, Milenio, Tijuana, Juárez, Colima et Oaxaca est lourd : autour de 1200 morts depuis le début de l'année. Une recrudescence de violence qui s'explique paradoxalement par les mesures fédérales de lutte contre le narcotrafic.
Le 11 décembre 2006, quelques jours après son investiture, le président Calderón décide de prendre le problème à bras-le-corps et envoie 7 000 soldats dans l'état du Michoacán à l'ouest du pays. Aujourd'hui, ce sont 25 000 soldats et policiers qui sont déployés à travers le Mexique pour tenter de démanteler les réseaux. Ces opérations rendent la vie plus difficile aux cartels qui se livrent une guerre sans merci pour contrôler davantage de territoires et de points de passage. Par exemple, le Michoacán, le Tamaulipas et la ville de Laredo ont été le théâtre de morts très violentes. Ceci explique pourquoi je vois des photos atroces tous les matins à la une d'un journal à sensation : je m'estime heureuse quand la victime est emballée dans du papier cadeau, la pilule passe mieux.

Cette opération de grande envergure attise les critiques de la gauche mexicaine qui dénonce un coup médiatique destiné à asseoir un pouvoir présidentiel fragile puisque la courte victoire de Calderón (PAN, Partido de Acción Nacional) sur son adversaire du PRD (Partido de la Revolución Democrática) le 3 juillet 2006 est entachée de soupcons de fraude.

Elle met surtout en lumière deux points importants au sujet de l'ampleur qu'a prise le narcotrafic au Mexique, et que les seuls moyens militaires ne parviendront certainement pas à résoudre: les cartels font leur loi et agissent comme bon leur semble dans le pays. Par ailleurs, la corruption touche toutes les institutions : politique, police, armée... La prospérité des cartels dans certains états ne peut en effet s'expliquer que par l'indulgence, voire l'aide dont ils ont bénéficié de la part des dirigeants politiques et des institutions de sécurité. Le 27 juin dernier, 284 cadres de la Police Fédérale Préventive (PFP) et de l'Agencia Federal de Investigación (AFI, corps d'élite) ont été destitués.
La guerre contre le narcotrafic commence doucement à gagner d'autres sphères de la société...

Courrier International a récemment consacré un dossier à ce sujet. Je vous conseille vivement de le lire (quoique je viens de vous en faire un résumé ci-dessus).

3 comentarios:

Caro et Charles dijo...

bon, ça fait plusieurs jours que je n'ose pas laisser de message sur ce post, pour laisser à d'autres le temps de réagir, mais trop c'est trop :) merci pour ce petit compte rendu, qui fait froid dans le dos. grâce à toi cam, notre culture mexicaine grandit de jour en jour!
je suis à lyon avec charly, chez un de ses potes, c'est bien sympa, il fait beau et chaud... on a mangé dans le même bouchon lyonnais où on avait été ensemble avec juju et isma. souvenirs souvenirs!
gros bisous,
caro

Camexico dijo...

Oh, une bonne tarte aux pralines...J'espère que vous l'avez bien dégustée!
Tu es déjà en vacances ou c'est un we d'avant-goût?

Caro et Charles dijo...

c'est un WE d'avant goût, les vacances sont pour le 15 août!
bises